LES ALPAGAS DES MONTS D’ARRÉE

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J’ai eu la chance de participer à un stage de filage dans les Monts d’Arrée, en Bretagne.

 

L’élévage des Alpagas des Monts d’Arrée se trouve en pleine nature entre le Faou et Brasparts.

Nina et Yveline proposent des stages d’une journée pour apprendre les bases du filage.

Il faut connaître car on ne passe pas par là par hasard, mais au détour d’une colline, près des ruines d’une église en granite, tout à coup on aperçoit dans le paysage une colonie d’Alpagas de toutes les couleurs… Étonnant de voir ces drôles de bêtes dans le bocage Breton!

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L’élevage compte une quarantaine d’alpagas, dans des couleurs allant du blanc au noir en passant par différentes teintes de beige, marron et gris. Cela permet de produire de la laine dans plusieurs couleurs naturelles sans passer par l’étape de la teinture. Il y a deux variétés, les « classiques » et les Suri, ces derniers ayant un poil plus long et plus lustré.

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La laine d’alpaga prête à être tricotée

 

 

Après lavage et séchage des toisons, le stage de filage d’une journée commence par l’étape d’écharpillage. Cela consiste à trier à la main la toison pour enlever les impuretés qui restent après lavage (morceaux de terre, petites brindilles…), ouvrir les paquets de fibres et retirer les « poils de garde » qui sont de grands poils durs plus épais que les autres.

 

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la toison brute de tonte

 

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Le poil après écharpillage

 

Ensuite, on passe au cardage. Cela consiste à mettre toutes les fibres dans le même sens pour faciliter le filage. Pour cela, on utilise deux techniques : soit des cardes à main, qui sont des espèces de brosses en bois avec des aiguilles métalliques que l’on frotte l’une contre l’autre, soit une cardeuse électrique, plus rapide, qui fonctionne sur le même principe mais avec un rouleau.

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La cardeuse – attention aux doigts!

 

Une fois la laine cardée, on peut attaquer le filage !

On commence par se familiariser avec le principe sur des fuseaux à main, que l’on fait tourner. la fibre s’enroule sur elle-même et est maintenue grâce à la torsion. On obtient un fil! Différents fuseaux plus ou moins lourds et plus ou moins anciens permettent de tester pour trouver son rythme.

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J’avais apporté mon fuseau pour apprendre à bien l’utiliser

 

Ensuite, une fois le geste de base maitrisé, l’après-midi est dédiée à l’apprentissage du rouet. Là encore, les organisatrices proposent de tester différents rouets, neufs ou anciens. C’est vraiment intéressant car les sensations ne sont pas du tout les mêmes d’un matériel à l’autre.

Tout d’abord, il faut apprendre à gérer l’entrainement de la roue avec la pédale. Ca a l’air facile, mais au début c’est dur de trouver le bon rythme, sans à-coups, et sans repartir à contresens !

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Une fois le geste maîtrisé, c’est parti pour le filage! On apprend à doser la tension, la vitesse et la torsion pour produire un fil régulier…

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Les premiers fils produits sont tout moches et pas très réguliers, mais c’est la technique qui compte!

Une fois qu’on a filé une première fois sa laine, on a fait ce qu’on appelle un « solitaire ». Il est inutilisable en l’état. Il faut ensuite le filer une deuxième fois avec un autre solitaire, pour produire du retors, c’est à dire un fil constitué de 2 brins enroulés ensemble, comme ceux que l’on trouve dans le commerce. Tadaam, vous avez votre premier fil!

 

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Je ne vous montrerai pas la laine que j’ai produite ce jour là, car elle ne ressemble à rien, mais cela m’a permis d’apprendre et je m’entraine à la maison avec mon fuseau, et j’arrive à obtenir un fil de plus en plus fin!

Je termine sur une bonne bouille, j’ai adoré rencontrer ces petites mignonneries! 🙂

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2 réponses

  1. cloc
    | Répondre

    super intéressant! est ce que le filage sur rouet ancien et rouet neuf est très différent? j’ai le même que sur la photo mais je n’arrive pas du tout à le faire tourner sans repartir constamment en arrière et je me demande si c’est de ma faute (probablement!) ou celle du rouet…

    • Knitandknot
      | Répondre

      Bonjour!
      Le principe est toujours à peu près le même sur rouet neuf comme ancien, même si parfois le mécanisme diffère un peu. Il y a des rouets à 1 ou 2 pédales, et la roue est plus ou moins facile a entraîner selon sa taille et la tension de la courroie. Un rouet à petite roue démarre facilement mais « saute » plus alors qu’un rouet avec une grande roue plus lourde est dur à démarrer mais sera beaucoup plus régulier avec moins de retours en arrière… Si ton rouet part a contresens c’est probablement un souci de synchronisation entre les impulsions du pied et la vitesse de la roue. Au début on est tenté d’appuyer souvent mais il faut bien laisser la roue finir son tour avant de donner une nouvelle impulsion! Il faut tester différents rythmes et ça devrait marcher. Bon filage!

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